WEBER (C. M. von)


WEBER (C. M. von)
WEBER (C. M. von)

C’est à Weber qu’appartient le mérite d’avoir achevé de donner à l’opéra allemand une existence, une crédibilité et une esthétique propres et de lui avoir permis de tenir tête à l’invasion italienne. Nullement limitée à l’Allemagne, l’influence de Weber a été considérable sur de nombreux compositeurs du XIXe siècle, tels que Mendelssohn, Berlioz, Chopin, Glinka, Wagner. Elle s’est exercée principalement dans les domaines de l’orchestration, du traitement du clavier, de certaines tournures mélodiques et de l’esthétique dramaturgique. Selon une définition très fine de Debussy, Weber est «le premier musicien qui ait été inquiété par le rapport qu’il doit y avoir entre l’âme de la nature et l’âme d’un personnage». Cette attitude correspond à la philosophie panthéiste allemande, telle qu’elle a été exprimée par Schelling (Die Weltseele , «L’Âme du monde»), par les poètes romantiques, ou par des peintres comme Caspar David Friedrich. L’approche de Weber, dépourvue de cérébralisme, s’est nourrie dans une large mesure aux traditions populaires, légendaires et merveilleuses. Sa musique, qui peut être tour à tour onirique, évocatrice, hédoniste sans prétentions, ou rustique, parle avant tout à l’imagination et à la sensibilité. On peut rapprocher en cela Weber de Schubert, mais sans le côté volontiers angoissé et douloureux de ce dernier. Romantique par le choix de ses sujets et par son langage musical, Weber observe cependant dans son art une objectivité qui révèle une nature ouverte sur le monde extérieur et un refus de l’introspection; d’où à la fois l’équilibre et la clarté de sa musique, son efficacité narrative, mais aussi, lorsqu’il reste au-dessous des sommets qu’il est capable d’atteindre, les limites de son amabilité superficielle.

Une brève mais brillante carrière

Carl Maria von Weber naît à Eutin (Holstein) le 18 (ou 19) novembre 1786. Sa cousine, Constance Weber, était l’épouse de Mozart. Son père, Franz Anton, après avoir été Stadtmusiker (musicien de la ville), avait organisé à Hambourg sa propre entreprise théâtrale, la Webersche Schauspielergesellschaft . C’était le début d’une existence itinérante, et celle de Weber allait le rester dans une large mesure. À Hildburgshausen, à l’âge de dix ans, il rencontre Johann Peter Heuschkel, qui lui donne les bases de la technique pianistique. L’année suivante, arrivant à Salzbourg, il est présenté à Michael Haydn, frère de Joseph, avec qui il étudie l’écriture musicale. En 1798, après la mort de sa mère, son père le place à Munich sous la tutelle du professeur de chant Johann Evangelist Wallishauser (connu aussi sous son nom italianisé de Valesi) et de l’organiste Johann Nepomuk Kalcher. De cette période datent ses premiers essais d’opéras, Die Macht der Liebe und des Weins («La Puissance de l’amour et du vin»), perdu, et Das Waldmädchen («La Fille des bois»), écrit en 1800, qui ne s’est conservé que fragmentairement; ils sont suivis en 1801 de Peter Schmoll und seine Nachbarn («Peter Schmoll et ses voisins»), écrit lors du retour à Salzbourg, sous la supervision du Michael Haydn. Il achève à cette même époque une messe, dite Jugendmesse («messe de jeunesse»), et un recueil de Six Pièces pour piano . Cependant, considérant encore sa formation musicale insuffisante, Weber se rend à Vienne dans l’espoir de travailler cette fois avec Joseph Haydn. Au lieu de cela, il y deviendra l’élève de l’abbé Georg Joseph Vogler. Bien loin de valoir Haydn, ce musicien, grand voyageur et folkloriste, aura au moins le mérite d’inculquer à Weber le goût, propre aux romantiques, de l’exotisme. À Vienne, Weber se familiarise en outre avec le chant populaire et avec le jeu de la guitare.

Entre 1804 et 1810, il travaille successivement à Breslau, à Karlsruhe et à Stuttgart. Ayant obtenu le poste de chef d’orchestre au théâtre de Breslau, il s’efforce, avec enthousiasme et talent, mais aussi avec maladresse, d’y faire passer des réformes, tant au niveau de l’interprétation qu’à celui du répertoire. En plus des hostilités qu’il suscite, un grave accident, dont ses adversaires profitent, l’oblige à quitter la place: il s’empoisonne en ayant bu par mégarde de l’acide et s’abîme irrémédiablement la voix. Son second poste, à Karlsruhe, comme musicien du prince mécène Eugen Friedrich de Wurtemberg-Ols, sera en revanche l’une des périodes les plus heureuses de sa vie. Il se remet activement à la composition, écrivant notamment ses deux symphonies (1807). Ce sera probablement le contexte des événements militaires qui l’incitera à résilier ses fonctions. À Stuttgart, il se retrouve secrétaire du duc Ludwig de Saxe, frère du roi Friedrich. En dépit des difficultés de cette charge, ces années (1808-1810) sont relativement productives: il écrit notamment l’opéra Sylvana (le livret est une réadaptation de celui de Das Waldmädchen ), la musique de scène pour la Turandot de Gozzi dans la traduction de Schiller, la cantate Der erste Ton ainsi qu’une Grande Polonaise pour piano et une série de lieder. Mais une inextricable affaire de dettes et une accusation d’escroquerie, probablement fabriquée, le font bannir, ainsi que son père, du duché de Wurtemberg.

Trois années itinérantes, mais largement profitables musicalement, lui feront ensuite parcourir toute l’Allemagne; il s’arrête, entre autres villes, à Darmstadt, où il retravaille avec l’abbé Vogler, puis à Munich où, faisant exécuter son Concertino pour clarinette avec Heinrich Bärman, il reçoit du roi Maximilien de Bavière la commande de deux nouveaux concertos pour cet instrument. Ces années 1810-1813 voient naître également les deux concertos pour piano (1810 et 1812), le Concerto pour basson (1811), le singspiel Abu Hassan , représenté à Munich en 1811, et la Première Sonate pour piano (1812). En 1813, Weber arrive à Prague, où il reste jusqu’en 1816 au poste de directeur de l’Opéra. C’est là qu’il épousera en 1817 la cantatrice Caroline Brandt, qu’il avait rencontrée au cours d’un séjour à Francfort. Déployant une énergie considérable, il rénove complètement le répertoire du théâtre, faisant représenter notamment de nombreux ouvrages français (de Grétry, Méhul, Boieldieu, Cherubini, Spontini), mais aussi le Fidelio de Beethoven. Si le rythme de sa créativité baisse un peu au cours des années praguoises, une œuvre comme le Quintette pour clarinette et cordes (1815) reste son chef-d’œuvre dans le domaine de la musique de chambre. De la même période datent aussi le recueil de quatuors vocaux Leyer und Schwerdt («La Vielle et l’Épée») [1814] et la cantate Kampf und Sieg («Combat et Victoire») [1815]. À la fin de 1816, au cours d’un séjour à Berlin, il achève ses sonates nos 2 et 3 pour piano.

Le dernier poste officiel de Weber sera Dresde, où il travaille de 1817 à 1820. Dans cette ville, qui était l’un des bastions de l’opéra italien, il s’efforce d’imposer l’art dramatique allemand, dont lui-même va bientôt devenir le symbole. C’est à Dresde qu’il fait la rencontre du poète Friedrich Kind, qui écrit pour lui le livret du Freischütz . Weber travaille à cet opéra entre 1817 et 1821, tout en composant parallèlement de la musique religieuse (deux messes, 1818 et 1819) et des œuvres instrumentales; sa production pianistique s’enrichit au cours de l’année 1819 d’une Polonaise brillante , d’un Rondo brillant , et surtout de la célèbre Invitation à la danse (connue en France sous le nom d’Invitation à la valse ), que Berlioz orchestrera en 1842 (elle deviendra aussi, dans cette version orchestrée, la musique du ballet Le Spectre de la rose , représenté en 1911 dans le cadre des Ballets russes de Diaghilev). Il écrit aussi la Jubel-Ouverture (1818), célèbre pour sa citation de l’hymne britannique God save the King , le Trio pour flûte, violoncelle et piano (1819), la musique de scène de Preciosa (1820), dont l’ouverture est restée assez populaire, et l’intéressant Konzertstück pour piano et orchestre (1821).

La création du Freischütz , à Berlin, le 18 juin 1821, est un triomphe et marque la consécration de l’opéra romantique allemand. Weber reçoit la commande d’un nouvel ouvrage destiné à être créé au théâtre de la Porte de Carinthie, à Vienne. Il mène à bien, en l’espace de deux ans, la vaste partition d’Euryanthe , opéra chevaleresque, qui est représenté le 25 octobre 1823. Entre-temps, il a écrit sa Quatrième Sonate pour piano (1822), sa dernière œuvre instrumentale. Cette même année 1822 est celle de la naissance de son fils Max Maria (mort en 1881), qui sera son premier biographe.

Au cours des trois dernières années de sa vie, Weber reprend un mode de vie itinérant, dirigeant ses œuvres ou celles des autres. Son ultime ouvrage, sur une commande émanant du Covent Garden de Londres, sera l’opéra féerique Obéron . Miné par la tuberculose, Weber trouve encore la force d’en diriger la création le 12 avril 1826, et il meurt à Londres moins de deux mois après, le 5 juin 1826, dans sa quarantième année, précédant d’un an Beethoven et de deux ans Schubert.

Le créateur de l’opéra romantique allemand

C’est en premier lieu grâce à ses opéras que Weber s’est rendu célèbre et a survécu. Déjà, les seules ouvertures du Freischütz , d’Euryanthe et d’Obéron , fréquemment exécutées en concert, auraient suffi à maintenir sa popularité. Elles achèvent en effet d’établir la forme et l’esthétique de l’ouverture romantique, rassemblant les thèmes principaux et, souvent, des épisodes entiers de l’ouvrage, organisés de manière à former une narration éloquente, servis par la richesse de la palette orchestrale. Quant aux opéras eux-mêmes, Sylvana , qui reste à peu près ignorée du grand public, contient déjà les idées qui seront celles du Freischütz , avec sa poésie panthéiste de la vie forestière et ses références au folklore; Abu Hassan , avec son sujet exotique, reste dans la tradition du singspiel mozartien (Zaïde , L’Enlèvement au sérail ) et est un nouvel hommage aux «turqueries» à la mode depuis le milieu du XVIIIe siècle. Mais c’est évidemment avec le Freischütz , œuvre témoin du romantisme allemand, que Weber s’est imposé sur la scène mondiale.

Le Freischütz , dont l’action se situe en Bohême au XVIIe siècle, est fondé sur une légende d’Europe centrale. Le livret est de Friedrich Kind. Pour pouvoir épouser Agathe, fille du garde forestier Cuno, le jeune chasseur Max doit, conformément à une tradition établie, remporter un concours de tir. Or il accumule les échecs, ayant été envoûté par son compagnon Caspar, ancien prétendant éconduit d’Agathe. Caspar a passé un pacte avec le démon, personnifié par Samiel, le «chasseur noir», dont le repaire se trouve au fond de la forêt, dans la gorge aux Loups. Caspar réussit à persuader Max de s’y rendre avec lui à l’heure de minuit et d’y faire fondre, avec l’aide de Samiel, sept balles magiques, qui atteindront leur but infailliblement. Mais ce pacte comporte une clause que Max ignore: après que les six premières balles auront frappé juste, la septième ira là où il plaira au démon de l’envoyer. Max se laisse convaincre. Le tableau de la gorge aux Loups est le cœur dramatique de l’ouvrage, rassemblant les trois protagonistes (Samiel est un rôle parlé, avec la voix souvent amplifiée par un haut-parleur) et un chœur d’esprits invisibles, et faisant se déchaîner, après la fonte de chaque balle, des forces surnaturelles de plus en plus menaçantes. Caspar a demandé à Samiel que la septième balle frappe Agathe. Mais, le jour du mariage, c’est Caspar lui-même qui sera frappé à mort par le dernier coup de feu de Max, car Agathe se trouvait sous la protection d’un saint ermite. Ayant appris que Max avait conclu un pacte diabolique, le roi Ottokar, venu assister à la cérémonie, veut le faire bannir, mais l’ermite intercède en sa faveur, ordonnant l’abolition du concours de tir, et le mariage de Max et d’Agathe sera seulement reporté d’un an.

On peut constater dans le Freischütz des influences de Mozart (au deuxième acte surtout, dans les scènes d’Agathe avec sa cousine Annette, où l’on retrouve la relation classique de la maîtresse et de la soubrette), et aussi celles de Beethoven, au niveau de l’harmonie et de certaines références ponctuelles (issues de Fidelio , notamment). Mais le charme et l’impact émotionnel du Freischütz tiennent surtout à la saveur d’une présence populaire richement représentée par le folklore et à l’alliance de la nuit et du fantastique avec une nature qui est à la fois cadre et élément personnifié. Nombre de ses mélodies, prenantes et aisément mémorisables, comme toujours chez Weber, sont rapidement devenues de véritables «tubes» dans toute l’Allemagne et même à l’étranger. Richard Wagner, dans un article publié en 1841 dans la Revue et gazette musicale , a écrit ces lignes restées célèbres: «Le philosophe de Berlin fredonnait gaiement “Nous te tressons la couronne virginale” [chœur féminin de l’avant-dernier tableau]; le directeur de la police répétait avec enthousiasme “À travers les bois, à travers les prairies” [air de Max au 1er acte], tandis que le laquais de cour chantait d’une voix enrouée “Que peut-on comparer sur terre aux plaisirs de la chasse” [chœur des chasseurs au dernier tableau].» L’orchestre, où passent plusieurs leitmotive (le plus typique et reconnaissable est celui de Samiel), joue un rôle actif de premier plan, dans le tableau de la gorge aux Loups en particulier, faisant du Freischütz le prototype de l’opéra symphonique.

En France, le Freischütz a malheureusement connu des fortunes diverses, en particulier en 1824, sous le titre de Robin des bois , dans une version trafiquée par Castil-Blaze, puis en 1841 avec des récitatifs ajoutés par Berlioz à la place des textes parlés (bien longs, il est vrai, comme c’est souvent le cas dans les singspiels).

Euryanthe , bien que souhaité par la commande comme «un opéra dans le style du Freischütz », est un type de sujet bien différent, inspiré de la chevalerie française du XIIIe siècle: L’Histoire de Gérard de Nevers et de la belle et vertueuse Euryanthe, sa mie , mise en livret par Helmina von Chezy. Weber y renonce à l’intercalation de dialogues parlés, faisant donc un opéra chanté d’un bout à l’autre. L’argument d’Euryanthe est fondé sur le thème classique d’un amour dont la fidélité est mise à l’épreuve; mais le livret souffre d’une accumulation de détails qui l’alourdit fâcheusement. Ayant entendu Adolar, chevalier et troubadour, chanter la vertu de sa fiancée Euryanthe, son adversaire Lysiart se fait fort de lui prouver l’inconstance des femmes. Il trouve une complice en la personne d’Églantine, une fausse amie d’Euryanthe, qu’il promet d’épouser. Elle lui procure une bague qui devra lui permettre de confondre Euryanthe aux yeux d’Adolar. Bien que croyant triompher en un premier temps, il ne réussira cependant pas à détruire cet amour qui prévaudra en fin de compte. Évidemment redevable au Freischütz à bien des titres (par les chœurs et l’orchestre, entre autres), Euryanthe est la partition qui annonce le plus directement Wagner: de nombreuses pages de Tannhäuser et de Lohengrin y trouvent des pré-échos bien reconnaissables. En ce sens, c’est sans conteste l’ouvrage dans lequel Weber a vu le plus loin. Malgré cela, malgré sa générosité d’invention et ses accents héroïques, Euryanthe est loin d’avoir la popularité du Freischütz , à cause de certaines longueurs, et d’une action trop souvent embrouillée, qui n’arrive à solliciter la participation de l’auditeur que par intermittence.

Le Moyen Âge, la féerie et l’Orient déterminent l’esthétique d’Obéron , opéra avec lequel Weber atteint ses sommets en matière d’enchantement musical, opposant la luminosité merveilleuse du conte aux ombres fantastiques du Freischütz et à la grandiloquence d’Euryanthe . Le livret de James Robinson Planché est écrit d’après le vaste poème de Christoph Martin Wieland, avec des références au Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Obéron, roi des elfes, et son épouse Titania se sont querellés pour une raison futile: savoir qui, de l’homme ou de la femme, est le plus inconstant. Ils ont juré de rester séparés jusqu’à ce qu’ils rencontrent un couple qui aura gardé une fidélité mutuelle à travers toutes les épreuves et les tentations. Le chevalier Huon de Bordeaux, envoyé en mission périlleuse par Charlemagne auprès du calife de Bagdad Haroun al Rachid, et Rezia, la fille de ce dernier, donneront gain de cause à Obéron, qui a pris le chevalier sous sa protection en lui offrant un cor magique. À travers diverses péripéties – enlèvement de Rezia par des pirates, tentative de séduction de Huon par Roxane, fille de l’émir de Tunis Almansor –, les amoureux se retrouveront devant Charlemagne, qui confirmera leur union. Obéron et Titania pourront donc se réconcilier. Par sa forme autant que par son sujet, Obéron marque un retour au singspiel, avec de très nombreux dialogues parlés (on a parfois fait remarquer qu’il tient presque autant d’une musique de scène que d’un opéra), mais l’esthétique et le langage sont intégralement ceux d’un opéra romantique. Weber avait exprimé l’intention de réécrire des récitatifs musicaux pour des représentations ultérieures, mais la mort l’en empêcha. Obéron connut, lui aussi, un certain nombre de trafiquages plus ou moins honnêtes, dont un par Mahler (1907, joué à Cologne en 1913). Ce fut aussi Mahler qui, par ailleurs, se chargea en 1887 d’achever un opéra entamé puis abandonné par Weber en 1820, Die drei Pintos .

Dans l’œuvre instrumentale de Weber, ce sont certaines compositions pour piano, mais surtout les divers concertos, qui constituent les meilleures réussites. Weber était un remarquable virtuose du piano, doté de mains dont l’étendue spectaculaire étonnait chez cet homme petit et chétif. Si une partie de son œuvre pour piano seul (danses, variations diverses) appartient au tout-venant de l’époque, ses sonates méritent certainement mieux que le semi-oubli dans lequel on continue à les tenir: sans prétendre à une grande profondeur, elles ont du charme et du brillant. La Grande Polonaise est un morceau de bravoure; quant à l’Invitation à la danse , elle est restée le modèle de la valse de concert. Des œuvres pour piano et orchestre, les deux concertos ne sont pas sans mérites, tant par l’écriture de la partie soliste que par l’orchestration, mais c’est sans conteste le Konzertstück , composition de maturité, qui s’impose comme le chef-d’œuvre par excellence; constitué de quatre parties successives, très diversifié entre le lyrisme, la puissance et le divertissement, il doit beaucoup à Beethoven (2e partie), tout en annonçant par moments Chopin (1re partie).

Dans ses concertos pour instruments à vent – clarinette, basson, cor, dont il a su tirer les effets les plus originaux dans ses partitions d’opéras –, Weber suit les traces de Mozart. La clarinette, en particulier, est la mieux servie, avec un concertino et deux concertos (le premier, en fa mineur, est le plus célèbre), sans compter le Quintette pour clarinette et cordes , qui reprend là encore un effectif mozartien, et le Grand Duo concertant pour clarinette et piano . Le Concertino pour cor , pour sa part, est réputé pour sa difficulté d’exécution. Les messes, les cantates, les musiques de scène, les chœurs, la soixantaine de lieder (dont certains accompagnés à la guitare) demeurent, sans être complètement ignorés, au second plan dans l’œuvre de Weber telle qu’elle est présentée au concert. Outre ses œuvres musicales, Weber a laissé quelques écrits, dont un roman autobiographique inachevé, Tonkünstlers Leben («La Vie d’un musicien»).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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